Le château de Rencurel

 

Sur la carte de Cassini (début XVIIIème siècle), un symbole particulier le signale comme 'fort ruiné', au-dessus du village de la Balme. Entièrement couvert d'une végétation dense et touffue, il est difficile d'appréhender l'ensemble de ce site complexe, très bien défendu. Il se présente comme une vaste plate-forme de plusieurs terrasses imbriquées, entourées ou soutenues par de gros murs en cours d'effondrement. On y trouve encore quelques restes de bâtiments. Sur la terrasse la plus haute se dresse un monticule de forme tronconique d'environ 6 mètres de hauteur aux pentes très raides pouvant être attribué à une motte castrale (monticule de pierre surmonté d'une construction en bois servant à la défense avant l'apparition des châteaux en pierre). Le sommet de cette motte porte les ruines d'une tour en pierre carrée dont les murs sont conservés sur une hauteur de 1 mètre 50.

La famille de Rencurel apparaît dans les textes en 1125 (MARION, Cartulaires de l'église cathédrale de Grenoble, p.84) mais c'est seulement en 1231 qu'est mentionné le mandement de Rencurel et en 1235 ou 1237 le château lui-même, lorsque les seigneurs du lieu rendirent hommage à la dauphine Béatrix.

A la fin du XIème siècle, le Vercors Nord est partagé entre des petites familles seigneuriales d'importance inégale. Parmi ces seigneurs châtelains, émergent ceux de lans et Rencurel, qui construisirent sur leurs mottes des châteaux de pierre.

Vu sa position géographique, le château de Rencurel devait certainement contrôler la vallée de la Bourne et celle de Rencurel-Saint-Julien-en-Vercors.

Ce château, comme beaucoup d'autres, possède une légende. On raconte que des marmites y auraient été découvertes. Une source toute proche, appelée 'Font Châtelaine' est encore visible dans un virage en épingle entre la Balme et Cordet. On la dit reliée par des souterrains au château et à une grosse bâtisse du hameau de Cordet.